Il y a des jours où l’on entre dans une médiathèque avec une idée précise. Un titre noté dans un carnet, une recommandation glanée sur Instagram ou ce fameux livre que l’on guette depuis plusieurs semaines. Et puis il y a les autres jours. Ceux où l’on se laisse simplement porter d’un rayon à l’autre, avec le plaisir de ne pas vraiment savoir quel livre repartira avec nous.
Aujourd’hui, je retrouve Audrey et sa sélection jeunesse toujours inspirante. J’aime particulièrement regarder les ouvrages qu’elle met en avant. Il suffit parfois d’une couverture, d’un titre ou d’une illustration pour que ma curiosité s’éveille.
Malheureusement, toutes les tentations ne sont pas toujours disponibles dans les rayonnages de la médiathèque. Les livres convoités ont parfois déjà trouvé refuge sur la table de chevet d’un autre lecteur. C’est le jeu des bibliothèques, et probablement aussi une partie de leur charme. Alors je cherche, je feuillette, je change de rayon. Et finalement, deux ouvrages rejoignent mon sac.
Premier emprunt : Les Meurtres de Molly Southbourne

Premier arrêt du jour avec un livre dont le titre ne laisse guère présager une promenade tranquille : Les Meurtres de Molly Southbourne de Tade Thompson.
Oui, cette fois, nous quittons momentanément le cocon feutré de la bibliothèque pour quelque chose de nettement plus sombre. Publié en français aux éditions Le Bélial’, dans la collection Une Heure-Lumière, ce roman court est traduit par Jean-Daniel Brèque. Il constitue le premier volet consacré à Molly Southbourne. Et son point de départ est pour le moins intrigant.
Molly vit depuis l’enfance avec des règles très particulières. Elle doit notamment éviter de saigner et savoir comment réagir si cela arrive. Car son propre sang peut donner naissance à une autre Molly. Une copie. Une créature qui lui ressemble. Et qui représente une menace.
Rien que ce principe suffit à installer une atmosphère inquiétante autour du roman. On devine derrière cette histoire des interrogations autour de l’identité, du double, du corps et de la confrontation avec soi-même. Le format relativement court m’attire également. J’aime ces textes capables de créer rapidement un univers, de nous happer sans avoir besoin de plusieurs centaines de pages pour installer leur étrangeté.
Cette découverte de médiathèque devrait donc m’emmener vers une lecture beaucoup plus sombre que mon second choix du jour. Et ce contraste me plaît particulièrement.
Deuxième emprunt : direction la Corée
avec Le Miroir de bronze
Changement complet d’atmosphère. Chats, magie, illustrations et littérature coréenne : il n’en fallait probablement pas davantage pour attirer mon regard. Je repars également avec Le Miroir de bronze de Kim Jin-kyeong, illustré par Kim Jae-hong.

Ce volume appartient aux Dernières Aventures de l’École des Chats. Il ouvre une nouvelle série d’aventures composée de Le Miroir de bronze, Les Pierres célestes et La Plaine des géants. L’ouvrage est destiné aux jeunes lecteurs à partir d’environ neuf ans et appartient à l’univers jeunesse des éditions Picquier. Autant dire que le titre L’École des Chats avait déjà de sérieux arguments pour me faire tendre la patte vers le rayon.
Des chats qui apprennent la magie
L’univers imaginé par Kim Jin-kyeong est réjouissant : dans cette drôle d’école, les chats étudient leur histoire, apprennent la magie et vivent des aventures peuplées de forces obscures. La série originale met notamment en scène Brin-d’Osier, Mandragore et Mot-d’Amour, élèves de la classe de Cristal confrontés aux chats-ombres.
Avec Le Miroir de bronze, nous retrouvons un univers où l’imaginaire asiatique semble occuper une place essentielle. Le père de Minjun rapporte de Chine un mystérieux miroir de bronze. Lorsque le garçon s’y regarde, son reflet s’anime. Puis un étrange personnage surgit du miroir. Peu à peu, l’équilibre du monde semble se dérégler et Minjun, accompagné de ses amis, se retrouve entraîné dans une aventure où les frontières entre les mondes deviennent particulièrement fragiles.
Voilà exactement le genre de résumé qui réveille immédiatement ma curiosité.
Une littérature jeunesse qui sait parler aux adultes
Je revendique volontiers mon goût pour la littérature jeunesse. Pourquoi faudrait-il abandonner ces rayonnages une fois adulte ? Les romans jeunesse possèdent souvent cette liberté que j’aime tant : ils osent la magie, les passages secrets, les animaux qui parlent, les mondes parallèles et les objets mystérieux sans éprouver le besoin de s’en excuser.

Ils savent aussi aborder la peur, l’amitié, le courage ou la différence avec une apparente simplicité qui n’empêche jamais la profondeur. Dans le cas de L’École des Chats, un autre élément m’attire immédiatement : les illustrations de Kim Jae-hong.
Le dessin accompagne ici l’imaginaire du texte et donne une identité visuelle très particulière à l’univers de Kim Jin-kyeong. La traduction française est assurée par Lim Yeong-hee et Françoise Nagel. Et puis, découvrir un roman jeunesse traduit du coréen ouvre également une petite fenêtre vers une littérature que j’ai envie d’explorer davantage.
La bibliothèque, ou l’art de repartir
avec ce que l’on n’était pas venu chercher
C’est peut-être ce que j’aime le plus dans mes journées en bibliothèque. Je n’y trouve pas forcément tous les livres que j’avais imaginé emprunter. Mais j’en découvre d’autres.
Un titre en remplace un autre. Une couverture attire mon regard. Une sélection préparée par une bibliothécaire m’entraîne vers un univers auquel je n’aurais pas pensé quelques minutes auparavant. Aujourd’hui, mon sac accueille donc deux propositions presque opposées.
D’un côté, Molly Southbourne et ses doubles inquiétants, dans une histoire aux frontières du fantastique et de l’horreur.
De l’autre, une école peuplée de chats, un mystérieux miroir de bronze et tout un imaginaire venu de Corée.
Deux livres. Deux atmosphères. Deux nouvelles portes à pousser.
Ma pile à lire vient encore de grandir
Évidemment, le véritable problème commence maintenant. Lequel ouvrir en premier ? Le sombre et fascinant Les Meurtres de Molly Southbourne ? Ou l’univers félin et magique du Miroir de bronze ?
Je crois que je vais laisser parler l’humeur du moment. Après tout, c’est aussi cela, le plaisir d’une pile à lire : pouvoir choisir son prochain voyage sans quitter son fauteuil. Une chose est certaine : cette nouvelle journée en bibliothèque n’aura pas été vaine. Même lorsque les livres que je cherche ne sont pas disponibles, les rayonnages finissent toujours par me souffler une autre histoire.
Et c’est peut-être précisément pour cela que j’aime autant revenir en médiathèque : on y entre pour chercher un livre, et l’on en ressort parfois avec un monde auquel on ne s’attendait pas.
Quand vous lirez ces quelques lignes, je serai repartie en vélo et sous la pluie vers Annonay – passerai je par la bibliothèque ? Ces livres vous tentent ils ? Avez vous participé au Challenge Littérature Jeunesse de PatiVore ?
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Deux livres qui m’ont l’air prometteurs et je te rejoins comme tu t’en doutes en ce qui concerne la littérature jeunesse. Au passage, merci pour tes gentils mots.
Je m’en doute puisque c’est toi, au travers de ton blog et de nos échanges, qui m’a dirigée vers la littérature jeunesse. Je lis actuelle le troisième Opus de Gamma 212 dans cette catégorie 🙂