Bonjour à toi qui arrive ici. Tu l’as déjà remarqué : mes chroniques sont fades, mes articles s’éparpillent, la café littéraire est en attente, ma voix (dans les Podcasts) est fragile, mes visites sur ton blog sont discrètes et parfois, je lâche ici un petit bout de moi. Toi non plus, tu n’as plus envie de venir sur cet espace et je te comprends. Aujourd’hui, j’ouvre une nouvelle page avec l’espoir que tu seras là; une nouvelle page qui s’invite sans pour autant prendre la place de l’essentiel.
Fragments de survie : un journal pour comprendre les scénarios de vie qui se répètent
Il y a des livres que l’on rencontre comme on trouve une lampe dans une pièce trop sombre.
Ce ne sont pas toujours des ouvrages que l’on cherchait vraiment. Parfois, un titre apparaît, une phrase résonne, un résumé semble parler exactement de ce que l’on vit sans parvenir à le nommer. C’est ce qui m’est arrivé avec La Répétition des scénarios de vie (lien affilié): Demain est une autre histoire, de Jean Cottraux.
Depuis quelque temps, je me pose une question qui me fatigue autant qu’elle m’obsède : pourquoi est-ce que certains chemins reviennent ? Pourquoi est-ce que certaines douleurs semblent changer de visage sans disparaître ? Pourquoi est-ce que l’on peut comprendre une situation, savoir qu’elle nous détruit, et pourtant y retourner encore, espérer encore, attendre encore ?
C’est dans cette faille que naît Fragments de survie, mon journal intime de reconstruction, publié chaque semaine dans la boutique solidaire Les Chats Livres.
Cheminement intérieur :
pourquoi répète-t-on les mêmes blessures ?
Dans une vie, il existe parfois des répétitions que l’on ne voit pas tout de suite.
On croit choisir librement. On croit aimer différemment. On croit prendre une nouvelle route. Puis, un jour, quelque chose se répète : une relation qui épuise, un besoin d’être sauvée, une confiance offerte trop vite, une solitude qui revient, une manière de s’accrocher à ce qui fait mal.
Anne Ancelin Schützenberger a beaucoup écrit sur ces phénomènes de répétition, de transmission et de fidélité invisible. Sans chercher à transformer ma vie en théorie, je sens que certaines de ses réflexions éclairent une part de mon histoire : ce que nous portons ne commence pas toujours avec nous. Il y a des blessures anciennes, des loyautés silencieuses, des peurs héritées, des manques qui orientent nos choix avant même que nous en ayons conscience.
Pour moi, cette question n’est pas intellectuelle. Elle est intime. Elle touche à la manière dont j’aime, dont j’aide, dont je m’attache, dont je supporte parfois l’insupportable en croyant encore pouvoir réparer quelque chose.
La Répétition des scénarios de vie :
un livre pour ouvrir une brèche

Le sous-titre du livre de Jean Cottraux m’a arrêtée : Demain est une autre histoire.
Cette phrase contient tout ce que j’espère. Elle ne promet pas une guérison magique. Elle n’efface pas le passé. Mais elle suggère une possibilité : celle de ne pas être condamnée à rejouer toujours le même scénario.
Le sujet du livre est particulièrement parlant : pourquoi recommence-t-on les mêmes erreurs ? Qu’est-ce qui nous pousse à reproduire une histoire qui, profondément, ne nous convient pas ? Comment changer lorsque nos schémas mentaux nous ramènent vers ce que nous connaissons déjà, même lorsque cela nous rend malheureux ?
Je me retrouve dans ces questions. Elles me dérangent, mais elles m’appellent. Elles me demandent de regarder plus loin que les événements visibles. Plus loin que les conflits. Plus loin que les ruptures. Elles m’invitent à interroger ce qui, en moi, continue d’espérer dans les mauvais endroits.
J’ai donc commandé ce livre aujourd’hui. Un livre d’occasion. J’aime cette idée qu’il ait déjà eu une vie avant moi. Peut-être a-t-il accompagné une autre femme dans une période fragile. Peut-être ses pages ont-elles déjà aidé quelqu’un à comprendre un lien toxique, une répétition douloureuse, un attachement qui abîme.
Fragments de survie : écrire pour ne plus disparaître

Fragments de survie n’est pas un journal écrit depuis un lieu de paix.
C’est un journal écrit depuis le tremblement. Depuis la fatigue. Depuis la solitude. Depuis ce moment où l’on comprend que personne ne viendra forcément tendre la main au bon moment, et qu’il faut malgré tout chercher une porte.
Je n’écris pas pour me plaindre. J’écris pour reprendre forme.
L’écriture devient ici un outil de survie intérieure. Elle me permet de déposer ce que je ne peux plus porter seule. Elle transforme l’émotion en phrase, le chaos en page, la peur en trace. Elle ne résout pas tout, mais elle empêche l’effacement.
Dans ce journal, il y aura des textes intimes, des lettres, des réflexions, des jours sombres, des jours debout, des tentatives de comprendre. Il y aura aussi des lectures, parce que les livres savent parfois ouvrir des passages là où la vie semble fermer toutes les portes.
Journal d’une femme qu’on n’a pas entendue :
une publication hebdomadaire en boutique
Chaque semaine, Fragments de survie sera proposé dans la boutique solidaire Les Chats Livres.
Ce rendez-vous hebdomadaire s’inscrit dans la thématique Sentier & Sérénité, au cœur du cheminement intérieur : Journal d’une femme qu’on n’a pas entendue, Fragments de survie, Les jours où je tiens debout, Ce que ma voix sauve de moi.
Ce journal sera à la fois une trace personnelle et une invitation. Une trace de ce que je traverse. Une invitation à réfléchir aux scénarios de vie, aux schémas toxiques, à la reconstruction, à la solitude, mais aussi à la puissance discrète de l’écriture.
Il ne s’agira pas seulement de raconter la douleur. Il s’agira de chercher ce qu’elle révèle. De comprendre ce qui se répète. De retrouver, semaine après semaine, une voix plus claire.
Les jours où je tiens debout :
trouver une issue avec de petits moyens
Je n’ai pas de grande solution.
J’ai mes petits moyens : un blog, des carnets, des livres, des chats, une boutique solidaire, des mots, et cette volonté fragile de ne pas disparaître.
Commander un livre, écrire un article, publier un journal, créer une catégorie, ouvrir un espace de dialogue : tout cela peut sembler peu. Pourtant, c’est ainsi que commence peut-être un autre chemin. Pas dans un grand geste héroïque, mais dans une suite de gestes minuscules.
Un mot après l’autre.
Une page après l’autre.
Une prise de conscience après l’autre.
Si Fragments de survie peut toucher une lectrice, un lecteur, une personne qui connaît elle aussi la répétition des blessures ou la solitude des jours difficiles, alors ce journal aura déjà trouvé un sens.
Je ne sais pas encore si demain sera vraiment une autre histoire.
Mais aujourd’hui, j’écris pour qu’il puisse le devenir.
Et si vous souhaitez m’écrire, partager une pensée, une expérience, une lettre ou simplement une présence, utilisez le formulaire (j’aimerais correspondre par écrit, recevoir des lettres, des cartes postales, c’est rompre la solitude).
Peut-être que certaines solitudes commencent à se rompre ainsi : par une voix qui ose répondre à une autre.
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