Il est possible de vivre autrement, mais pas de rester immobile

Chers toutes et tous,

Avant toute chose, je vous remercie d’être au rendez-vous de ce blog. Votre présence compte beaucoup pour moi. Cet espace est devenu un canal d’expression libérateur, un endroit où je peux déposer ce que la vie remue, dérange ou transforme.

Car la vie n’est pas un long fleuve tranquille. Je sais, la nouvelle risque de bouleverser deux ou trois fabricants de cartes postales. Et je me doute que, chez vous aussi, le fleuve rencontre parfois des barrages, des rapides et quelques troncs d’arbre placés exactement au mauvais endroit.

Ce matin, WordPress a ouvert sa capsule temporelle. Il m’a présenté un article publié le 30 juillet 2022, comme on ressort une ancienne photographie d’un tiroir. J’y reprenais le titre d’un texte de mon ami Jean-Claude sur SpotJardin : Il est possible de vivre autrement.

J’ai relu ensuite mon propre témoignage de 2022. Quatre années ont passé. Certaines convictions sont toujours là. D’autres ont changé de forme. Et quelques certitudes ont été piétinées par la réalité avec la délicatesse d’un sanglier dans un potager.

Alors, je suis partie marcher avec Gamora jusqu’à notre banc, sous les arbres, au bord de l’eau.

Vivre autrement commence

par regarder l’eau différemment

Sur le chemin, je passe devant mes récupérateurs d’eau de pluie. Ils font désormais partie du paysage, au même titre que les pierres, les arbres et les objets que l’on finit par ne plus remarquer.

Pourtant, ils racontent beaucoup de ma vie simple à la montagne.

En cette période de sécheresse, chaque goutte devient précieuse. Je conserve l’eau autant que possible pour arroser un peu le potager. Pas de grands effets spéciaux aquatiques chez moi. L’eau possède un emploi du temps strict, un budget serré et probablement davantage de responsabilités que certains humains.

J’ai également conservé mes toilettes sèches, avec une fierté qui étonne parfois les personnes habituées à considérer la chasse d’eau comme un droit constitutionnel. Elles permettent pourtant d’économiser une ressource essentielle. Quant à l’eau de pluie récupérée, elle peut notamment servir à l’arrosage du jardin, à condition de respecter les usages autorisés.

Vivre autrement ne signifie pas accomplir des exploits écologiques. Cela commence souvent par une série de gestes modestes, répétés jusqu’à devenir naturels.

Le potager et les toilettes sèches,

une écologie quotidienne très concrète

Un peu plus loin, le potager m’attend avec son habituelle discrétion. Comprenez par là qu’il réclame de l’eau, du temps, de l’attention et probablement une renégociation de notre contrat.

L’étude du compostage des toilettes sèches familiales m’a appris une chose fondamentale : tout ce qui existe sur cette planète possède une utilité. Le monde animal, végétal et minéral participe à un équilibre complexe où rien ne disparaît vraiment. Les matières se transforment, nourrissent et recommencent un autre cycle. 

Le seul animal dont je doute encore un peu, c’est l’être humain, mais je ne souhaite pas développer. Nous avons tous besoin d’une journée paisible.

Cette écologie quotidienne n’a rien de spectaculaire. Elle sent la terre, le bois et le compost. Elle demande de comprendre avant d’agir. Elle nous rappelle surtout que la nature ne produit pas de déchets inutiles. Elle transforme ce que nous préférons généralement cacher.

La fibre est arrivée, mais je refuse toujours

de vivre dans l’urgence

En 2022, mon boîtier 4G possédait un tempérament artistique. Certains jours, il fonctionnait. D’autres jours, il méditait. Il arrivait aussi qu’il disparaisse mentalement pendant plusieurs heures.

Depuis, la fibre est arrivée chez moi. Les courriels peuvent désormais traverser la montagne à une vitesse remarquable. Je n’ai donc plus l’excuse du réseau pour répondre trois jours plus tard.

J’en trouverai une autre.

Vivre autrement ne consiste pas forcément à refuser la technologie. La fibre m’aide à travailler, à écrire, à gérer mes projets et à maintenir un lien avec l’extérieur. Mais je ne veux pas que cette connexion permanente transforme chaque message en alarme incendie.

Être joignable ne signifie pas devoir être disponible à chaque seconde. Le slow living, pour moi, passe aussi par ce droit de répondre lorsque mon esprit est réellement présent.

Le deuil de mes chevaux a bouleversé

ma vie simple en Ardèche

Le chemin longe ensuite l’espace laissé par mes chevaux.

Ils ne sont plus là.

Cette absence n’est pas seulement matérielle. Elle a changé le paysage, mes habitudes et une partie de mon identité. Pendant longtemps, ma vie à la campagne s’est organisée autour d’eux. Les soins, les déplacements, les inquiétudes et les moments partagés donnaient un rythme à mes journées.

Aujourd’hui, il me faut traverser ce deuil. Non pas l’éviter, ni le recouvrir d’une jolie couche de pensée positive. Certaines douleurs demandent autre chose qu’une tisane, une pierre apaisante ou une citation bien choisie sur le lâcher-prise.

Il me faut apprendre à ne plus me débattre contre moi-même et contre les autres. Le désert médical ne facilite pas cette reconstruction, même si le mois de septembre ouvre enfin une possibilité de prise en charge. Dans les territoires sous-dotés, les difficultés peuvent concerner aussi bien la distance que les délais d’attente ou le manque de professionnels disponibles.

Vivre autrement ne protège pas de la perte. Cela oblige parfois à habiter pleinement le vide qu’elle laisse.

La solitude rurale révèle l’envers du slow living

Je poursuis ma promenade jusqu’à la route.

Je n’ai plus de voiture. Les transports en commun sont pratiquement inexistants. Pendant longtemps, j’ai valorisé mon éloignement, mon silence et mon indépendance. Mais la liberté peut changer de visage lorsque les possibilités de déplacement disparaissent.

J’ai compris que l’isolement me pesait.

Reconnaître cela ne remet pas en cause mon choix d’une vie plus naturelle. Cela signifie simplement qu’une vie simple ne doit pas devenir une prison décorée de fleurs sauvages.

Pour le mois d’août, j’ai construit une routine. Des promenades, des temps de lecture, des moments d’écriture et des objectifs réalistes structurent mes journées. En septembre, la reprise d’une activité professionnelle devrait rouvrir une porte vers l’extérieur.

Je ne renonce pas à ma tranquillité. J’apprends à y faire entrer davantage de liens.

La déconnexion numérique peut devenir

une forme de protection

J’ai également fermé mon compte Facebook.

J’avais cru y trouver un réseau social. J’y ai surtout découvert que l’on pouvait être entourée de centaines de personnes tout en se sentant terriblement seule.

Cette fermeture n’est pas un rejet du monde. Elle marque plutôt une volonté de choisir autrement mes relations et mes espaces d’expression. Le blog me convient davantage. Ici, je peux écrire longuement, nuancer mes pensées et partager autre chose qu’une réaction instantanée coincée entre une publicité et une polémique.

La déconnexion numérique ne signifie pas disparaître. Elle consiste parfois à quitter le bruit pour retrouver sa propre voix.

Depuis que Facebook ne décide plus de ce qui mérite mon attention, j’ai récupéré du silence. Et le silence, contrairement aux réseaux sociaux, ne m’envoie jamais de notification pour me signaler qu’il est disponible.

Livres, nature et Gamora :

ma définition du confort en 2026

Nous arrivons enfin au banc sous les arbres.

Gamora s’installe près de moi. L’eau coule à quelques mètres. Les branches filtrent la lumière et offrent une fraîcheur que mon logement ne possède pas toujours.

Voici ma climatisation.

Elle ne possède ni télécommande ni mode automatique. Elle dépend du vent, des arbres et de ma capacité à quitter la maison. Son principal défaut reste l’absence de prise électrique, mais mes livres fonctionnent heureusement sans batterie.

Je n’ai toujours pas de télévision. J’ai pris Netflix ce mois-ci pour regarder un reportage diffusé en 2025. Je ne renouvellerai probablement pas l’abonnement. Je passe beaucoup de temps dehors et, le soir, je préfère lire.

Des livres, j’en ai beaucoup. Suffisamment pour envisager plusieurs existences parallèles et quelques problèmes de solidité du plancher.

Vivre autrement en 2026, sans chercher une vie parfaite

En 2022, vivre autrement signifiait surtout sortir d’un système qui ne me convenait plus. En 2026, cette expression possède un sens plus profond.

Vivre autrement, c’est conserver les toilettes sèches et la récupération d’eau, mais accepter la fibre lorsqu’elle facilite le quotidien. C’est aimer la solitude sans nier l’isolement. C’est fermer Facebook tout en cherchant de véritables relations. C’est pleurer les chevaux qui ne sont plus là et continuer malgré l’espace qu’ils ont laissé.

Ce n’est pas vivre en dehors du monde. C’est essayer d’y trouver une place plus juste.

Je ne possède pas une vie alternative parfaitement maîtrisée. Je possède une vie en mouvement, parfois bancale, souvent silencieuse, régulièrement envahie de livres et accompagnée par Gamora.

Pour aujourd’hui, c’est déjà beaucoup.

FAQ sur la vie simple et le cheminement intérieur

1/Peut-on vivre autrement sans tout quitter ?

Oui. Vivre autrement peut commencer par de petits changements : ralentir son rythme, consommer moins, récupérer l’eau, réduire les sollicitations numériques ou consacrer davantage de temps à ce qui nourrit réellement.

2/Une vie simple à la campagne empêche-t-elle de se sentir isolée ?

Non. La simplicité matérielle ne remplace pas les relations humaines. La solitude peut être choisie et réparatrice, tandis que l’isolement devient pesant lorsqu’il limite les déplacements, les soins ou les rencontres.

3/Pourquoi choisir le slow living ?

Le slow living permet de remettre de l’attention dans le quotidien. Il ne s’agit pas de tout faire lentement, mais de cesser de courir après ce qui ne nous ressemble plus.

Et vous, quelle étape de votre vie auriez-vous besoin de revisiter aujourd’hui ?

Author: Angelique

Angélique est lectrice passionnée, chroniqueuse littéraire et amoureuse des chats. Elle a créé Les Chats Livres pour partager un univers où lecture, douceur et bien-être félin se rencontrent. À travers ses articles, elle invite chacun à ralentir, à rêver et à savourer des instants cosy, entre mots et ronrons.


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