Sous les branches de l’arbre au loup : un thriller fantastique cynique et jubilatoire avec Scott Sirius

Bonjour à tous et bienvenue en ce nouveau lundi de partage littéraire. Après Un désert froid et sans visage (chroniqué ici : https://lescrinsdubarde.net/un-desert-froid-et-sans-visage-milo-galez/), je le retrouve avec ce plaisir très particulier qu’on a à revoir un « mauvais copain » : celui qui dit trop fort ce qu’il pense, qui se trompe souvent de combat… mais qui, au moment où ça compte, devient étrangement compétent.

J’ai lu Sous les branches de l’arbre au loup en version broché (374 pages) et je remercie chaleureusement Milo Galez pour l’envoi de ce service presse. La sortie est annoncée au 3 octobre 2025, et si vous aimez les romans qui mélangent le polar, l’humour noir et une brume inquiétante au bord du fantastique, celui-ci pourrait bien vous happer.

La couverture : une forêt qui avale la lumière (et la confiance)

Avant même d’entrer dans l’histoire, la couverture plante un décor : une forêt stylisée, profonde, toute en verts sombres, presque irréels. Les troncs forment des barrières, comme si la nature elle-même décidait de limiter vos options : avancer… ou reculer. Et puis il y a ce détail qui glace : une corde, un nœud coulant suspendu, simple, frontal, impossible à ignorer.

Avant même d’entrer dans l’histoire, la couverture plante un décor : une forêt stylisée, profonde, toute en verts sombres, presque irréels. Les troncs forment des barrières, comme si la nature elle-même décidait de limiter vos options : avancer… ou reculer.

Et puis il y a ce détail qui glace : une corde, un nœud coulant suspendu, simple, frontal, impossible à ignorer.

Plus bas, des traces rouges—comme une signature de violence—et au loin, une présence lupine suggérée, pas totalement nette, mais suffisante pour réveiller l’instinct : ici, quelque chose observe.

Cette couverture, je la trouve très juste : elle n’est pas “gore”, elle est menaçante en restant minimaliste, et elle raconte déjà le roman — le basculement du “petit bled” vers le mythe, de la farce vers l’ombre.

Scott Sirius shérif, ou l’autorité version catastrophe ambulante

Le point de départ est délicieusement ironique : Scott Sirius, détective privé raté et en cavale, échoue à Fairfield, petite localité perdue dans le Montana. Et là… on lui propose de devenir shérif. Scott saisit l’occasion comme un enfant attrape un jouet trop grand pour lui : il veut “faire régner l’ordre”, et surtout, il veut exister.

Ce que j’ai adoré, c’est la façon dont Milo Galez joue la carte de l’abus de pouvoir avec une lucidité mordante : Scott bombe le torse face aux faibles, s’écrase face aux puissants… et se convainc qu’il est un homme de loi. C’est drôle, oui, mais c’est surtout un humour qui gratte : parce qu’on rit, puis on se rend compte que cette mécanique là, on l’a déjà vue ailleurs, sous d’autres uniformes.

Et puis l’histoire bascule : une adolescente est retrouvée pendue à un arbre centenaire, exsangue. Le village s’enraye. Les superstitions remontent. La forêt, soudain, n’est plus un décor : c’est un personnage.

Retrouver Scott Sirius : un looser borderline… terriblement attachant

Dans ma première chronique, je vous disais déjà que Scott n’est ni fin, ni délicat. Je le confirme : il est grossier, maladroit, parfois franchement lamentable. Mais ici, j’ai ressenti quelque chose de plus net encore : Scott est un type qui se fabrique un rôle parce qu’il ne sait pas quoi faire de lui-même. Il compense. Il parade. Il s’invente une importance.

Et c’est précisément là que Milo Galez est fort : il ne cherche pas à “racheter” son anti-héros. Il le laisse être ce qu’il est… tout en lui donnant des failles qui finissent par nous atteindre. Scott est drôle parce qu’il est excessif, mais il devient touchant parce qu’il est perdu. Et quand l’enquête se resserre, quand la peur s’infiltre, on découvre un autre Scott : celui qui observe, qui relie des points, qui comprend vite… surtout quand il n’est plus en train de jouer au chef.

Et bien sûr, le duo avec Lulu, “la quatrième ex-femme”, reste un bonheur : elle agit comme un contrepoids. Là où Scott fonce, elle cadre. Là où il fanfaronne, elle dégonfle. Ensemble, ils donnent au roman son rythme : ça fuse, ça pique, ça repart.

Thriller et fantastique : la frontière devient une zone grise délicieuse

Ce roman, je l’ai trouvé particulièrement réussi dans sa façon de tenir l’équilibre : on est dans une enquête, avec des enjeux concrets, des rapports de force, une communauté qui se referme… mais on sent une autre couche, plus trouble. L’arbre centenaire, la forêt qui cristallise les fantasmes, la “bête” tapie dans les bois : tout ça active une peur archaïque, presque enfantine, celle qui dit “il y a quelque chose dans le noir”.

Et ce qui fonctionne très bien, c’est que Milo Galez ne force pas la main du lecteur. Il installe. Il suggère. Il laisse la superstition contaminer le réel. On avance avec Scott, et on se surprend à douter avec lui — pas seulement de ce qui rôde dehors, mais de ce qui peut se fissurer dedans.

Style de Milo Galez : fluide, cynique, ultra-efficace

Je retrouve exactement ce qui m’avait séduite : une plume légère et fluide, avec ce cynisme qui donne du sel à chaque scène. C’est un roman qui se lit avec une facilité presque insolente, sans jamais être “simplet” : l’efficacité est un choix, un art du tempo.

Et je le redis : Milo Galez a l’art des dialogues. Ils sonnent juste, ils font rire, ils dessinent les personnages en quelques répliques. On entend les voix. On visualise les attitudes. Et surtout, on ne s’ennuie pas : même quand l’intrigue se fait plus sombre, l’auteur garde cette vivacité qui rend la lecture… franchement agréable.

Mon ressenti de lecture : une bouffée d’oxygène au cœur d’une histoire noire

C’est peut-être ça, le paradoxe le plus savoureux : on parle d’un cadavre, de peurs anciennes, d’une bête, d’un village sous tension… et pourtant, j’ai vécu cette lecture comme une bouffée d’oxygène. Parce que le roman ne s’aplatit jamais sous sa propre noirceur. Il avance, il mord, il relance, il amuse. Je me suis sincèrement amusée des déboires des protagonistes, sans que ça retire la gravité de ce qui se joue.

Et par rapport à ma première rencontre avec Scott Sirius, je l’ai trouvé ici plus “posé” dans sa démesure : on le connaît, donc on le lit autrement. On perçoit mieux ce que l’auteur glisse derrière la caricature. On comprend mieux pourquoi Scott tient debout, malgré tout. Et ça, ça donne une profondeur supplémentaire à l’attachement.

Et si on s’aventurait ensemble sous cet arbre là ?

Sous les branches de l’arbre au loup confirme tout ce que j’aime chez Milo Galez : une intrigue tendue aux frontières du thriller et du fantastique, un anti-héros inoubliable, des dialogues qui claquent, et une lecture “simple et efficace” — dans le meilleur sens du terme.

Acheter ce livre

Si vous avez envie d’une aventure rocambolesque, drôle et inquiétante, avec une forêt qui semble respirer à côté de vous, je vous invite à découvrir ce roman. Et surtout : venez en discuter avec nous sur le groupe de lecture. J’adorerais qu’on échange nos impressions : Scott Sirius vous fait-il rire, vous agace-t-il, vous attendrit il ?

SimPlement.pro

Et de votre côté… avez-vous senti, vous aussi, cette frontière floue où le réel commence à se laisser grignoter par la légende ?

Author: Angelique

Angélique est lectrice passionnée, chroniqueuse littéraire et amoureuse des chats. Elle a créé Les Chats Livres pour partager un univers où lecture, douceur et bien-être félin se rencontrent. À travers ses articles, elle invite chacun à ralentir, à rêver et à savourer des instants cosy, entre mots et ronrons.


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